Division for Public Administration and Development Management (DPADM)
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Les normes d’excellence dans l’enseignement et la formation en administration publique
DPADM/UNDESA (Initiative cojoint de DPADM/UNDESA et AIEIA-IISA) IIAS
Préface

    La Cellule de travail sur les Normes d’Excellence dans l’enseignement et la formation en administration publique a vu le jour en juillet 2005 sous l’impulsion de la Division de l’Administration publique et de la Gestion du Développement, Département des Affaires économiques et sociales des Nations Unies (NU) en partenariat avec l’Association internationale des Ecoles et Instituts d’Administration (AIEIA). Ses membres ont été désignés par Guido Bertucci, Directeur de la Division de l’Administration publique et de la Gestion du Développement (NU) et Turgay Ergun, Président de l’AIEIA de l’époque. Cette cellule s’est réunie pour la première fois à Côme, en Italie, puis successivement à Varsovie et Bruxelles. Plusieurs de ses membres ont en outre participé ou tenu des réunions ouvertes lors de nombreuses conférences dans diverses régions du globe.


    Pour le compte de la Cellule de travail, les NU ont lancé une large enquête sur les instituts d’enseignement et de formation en administration publique menée par Jide Balogun. Elles ont également apporté leur soutien à la préparation du volume Excellence and Leadership in the Public Sector : The Role of Education and Training rédigé par Allan Rosenbaum et John-Mary Kauzya. Les NU et la Cellule de travail ont en outre commissionné plusieurs études parmi lesquelles :


• “National Organizational Arrangements for Delivering Public Administration
Education and Training” par Natalya Kolisnichenko.
• “Quality Standards in Public Administration Education and Training” par Theo
van der Krogt.
• “Public Affairs Education : Adding Value in the Public Interest” par Kathryn E.
Newcomer.
• “ Standards of Public Administration Education and Training in Selected
Countries in Asia” par R.K. Mishra
• “Quality Assurance in the Rising International Market for Public Affairs
Education” par Laurel McFarland.


    Ce document propose la liste finale des normes d’excellence retenues par la Cellule de travail en matière d’enseignement et de formation en administration publique. Il inclut également une série de critères qui peuvent permettre aux institutions d’évaluer leurs progrès en matière d’application des normes d’excellence ainsi qu’une check-list qu’elles peuvent utiliser pour faciliter l’intégration des normes à leur structure.


    Les membres de la cellule sont bien évidemment conscients que ces normes d’excellence ne s’appliquent pas de façon uniforme et similaire à toutes les situations. Nous pensons cependant que la plupart d’entre elles peuvent s’appliquer à un grand nombre de situations. Nous concevons également que certaines normes, de même que certains des critères d’évaluation, conviendront mieux ou moins bien selon la polyvalence proposée par les programmes de formation et d’enseignement auxquels ils doivent s’appliquer.


Voici la liste de l’ensemble des membres de la cellule de travail :

• Allan Rosenbaum, Chairperson of the UNDESA/IASIA Task Force, Current President of IASIA and Director of the Institute for Public Management and Community Service at Florida International University (FIU), Miami, Florida, USA ;


• Guido Bertucci, Co-Convenor of the Task Force and Director, Division for Public Administration and Development Management/United Nations Department of Economic and Social Affairs (DPADM/UNDESA) ;


• Turgay Ergun, Co- Convenor of the Task Force and Director General, Public Administration Institute for Turkey & the Middle East, (TODAIE), Ankara, Turkey, and immediate Past President of IASIA, Brussels, Belgium ;


• Barbara Kudrycka, Minister of Higher Education and Science, Government of Poland, Warsaw, Poland ;


• Natalya Kolisnichenko, Associate Professor, Department of European Integration Odessa Regional Institute of Public Administration, National Academy of Public Administration Office of the President, Odessa, Ukraine ;


• Blue Wooldridge, Professor, L. Douglas Wilder School of Government and Public Affairs, Virginia Commonwealth University, Department of Political Science and Public Administration, Richmond, Virginia, USA.


• Theo van der Krogt, Secretary General, European Association for Public Administration Accreditation, Twente, Netherlands ;


• John-Mary Kauzya, Chief, Governance Systems and Institutions Unit in the Division of Public Administration and Development Management/United Nations Department of Economic and Social Affairs (DPADM/UNDESA) ;


• Ludmila Gajdosova, Executive Director, Network of Schools and Institutes of Public Administration of Central and Eastern Europe, Bratislava, Slovakia ;


• Jide Balogun ; formerly Director General of the Administrative Staff College of Nigeria and InterRegional Advisor with the U.N. ;


• R.K. Mishra, Senior Professor and Director, Institute of Public Enterprise, Osmania University, India ;


• Bianor Cavalcanti, Director, Brazilian School of Public Administration, Getulio Vargas Foundation, (EBAPE/FGV), Rio de Janeiro, Brazil ;


• Mark Orkin, Director General, Southern African Management Development Institute (SAMDI), Pretoria, South Africa ;


• Margaret Saner, Director Institutes Initiative CAPAM – Commonwealth Association for Public Admnistration and Mangement, United Kingdom.

Introduction
    Les citoyens recherchent des services de grande qualité ce qui exige un haut niveau de performance de la part du secteur public. Pour atteindre ce haut niveau de performance, les employés du secteur public doivent faire preuve d’un niveau de compétence élevé et bénéficier d’une préparation de qualité. Les institutions qui forment et préparent ces employés doivent par conséquent toujours viser l’excellence puisque, à n’en pas douter, l’amélioration de la gouvernance passe nécessairement par une préparation adéquate des administrateurs publics.

     Dans une des publications antérieures de la Cellule de travail, Excellence and Leadership in the Public Sector ; the Role of Education and Training, le co-rédacteur du volume et Président de la Cellule de travail, Allan Rosenbaum, formule en quelques lignes l’objectif final de la Cellule de travail :
 
    L’objectif de ce travail commun est de développer des normes objectives qui définissent la nature de l’excellence dans le domaine de l’administration publique et de la formation. Ces normes devraient idéalement permettre à chaque institution de s’évaluer et, de cette façon, de déterminer les ressources dont elle aura besoin pour atteindre ses objectifs en matière d’excellence.

    Ce dernier point insiste sur le fait que les normes proposées ici sont destinées à être utilisées pour l’autoévaluation d’un processus d’apprentissage et ne sont en aucun cas une unité de mesure pour porter un jugement sur les programmes de formation ou les institutions. Dans la même publication, Blue Wooldridge propose un ensemble de caractéristiques communes aux écoles et instituts d’administration qui manifestent un haut niveau de performance et se base sur cet ensemble de caractéristiques pour développer des critères d’évaluation de l’excellence dans l’enseignement et la formation en administration publique. Parmi les multiples caractéristiques propres aux organisations hautement performantes proposées par Wooldridge citons notamment :

• L’engagement envers une vision et une mission clairement définies
• La primauté de services de qualité pour le client
• La légitimation de la mission des employés
• La mise en valeur de la diversité
• Une communication efficace

    Ces caractéristiques sont communes à toutes les organisations hautement performantes, qu’il s’agisse d’agences du secteur public ou d’institutions d’enseignement et de formation. Leur implémentation constitue cependant un défi de taille pour toutes ces organisations, défi auquel la Cellule de travail a tenté d’apporter une solution en développant les normes d’excellence qui suivent. Guido Bertucci, Directeur de la Division de l’Administration publique et de la Gestion du Développement aux N.U., souligne que l’initiative N.U./ AIEIA est partie du principe que l’enseignement et la formation en administration publique doivent être conçus et appliqués dans le but d’amener les futurs et actuels responsables publics à être en mesure de faire face efficacement aux problématiques majeures qui touchent le monde aujourd’hui. C’est dans cet objectif que la Cellule de travail a développé et propose ces normes d’excellence.
Normes d’Excellence
    Les critères utilisés pour évaluer le niveau d’excellence de l’enseignement et de la formation en administration publique doivent permettre d’améliorer la performance du secteur public parce qu’ils contribuent à donner la meilleure formation qui soit aux futurs fonctionnaires publics. L’objectif ultime de l’enseignement et de la formation en administration publique est d’offrir aux administrateurs publics des compétences et capacités grâce auxquelles ils contribueront à améliorer la qualité de vie, tout spécialement des membres les plus économiquement, socialement et politiquement défavorisés de notre société (*).

    1. Engagement envers le service public : Le personnel enseignant et administratif est entièrement dévoué aux valeurs du service public. Toutes ses activités (enseignement, formation, recherche, assistance technique et autres services), à tout moment, doivent impérativement s’orienter vers la promotion de l’intérêt public et le renforcement des institutions démocratiques. Tous les aspects du programme – tant l’organisation interne que les activités formatives aux niveaux local, régional, national et international – doivent aller dans ce sens.

    2. Défense des valeurs de l’intérêt public : Le personnel enseignant et administratif manifeste son engagement à promouvoir le service public tant en défendant, qu’en s’efforçant de créer, une culture de la participation, l’engagement, la capacité d’agir et la responsabilisation dans toutes les organisation et institutions avec lesquelles il est en contact. De cette façon, tant par la pédagogie que par l’exemple, il prépare les étudiants et stagiaires à être en mesure d’offrir un service public de la meilleure qualité qui soit.

    3. Conjuguer connaissances, pratique et service à la communauté : Parce que l’administration publique est une science appliquée, le personnel enseignant et administratif s’engage à aborder la théorie et la pratique. Le programme de formation se base donc sur la connaissance et la compréhension générées à la fois par un haut niveau de recherches et des expériences pratiques pertinentes. Par conséquent, le personnel enseignant et administratif et les étudiants du programme de formation s’engagent activement, au travers de leur enseignement, apprentissage, recherches et services, envers les communautés concernées, qu’il s’agisse du village ou de la ville voisine ou de la communauté internationale au sens large.

    4. Importance du personnel enseignant : L’engagement et la qualité du personnel enseignant (et/ou des formateurs) sont primordiaux pour atteindre les objectifs du programme de formation dans tous ses domaines d’activités. Par conséquent, la présence d’un corps professoral à temps plein, défendant les meilleures normes d’enseignement, de formation et de recherche et possédant l’autorité et la responsabilité requises par les normes fixées en matière de gouvernance de programme de formation, est indispensable dans le cas de programmes de formation diplômants. Le personnel enseignant doit pouvoir bénéficier d’un niveau de rémunération qui lui permette de consacrer la totalité de ses activités professionnelles à la réalisation des objectifs et buts du programme de formation et doit être présent en nombre suffisant compatible avec la mission du programme. Une moyenne d’un enseignant pour 20 étudiants d’un niveau de licencié et d’au moins 4 enseignants temps plein représente le seuil minimum nécessaire. Les périodes consacrées à l’enseignement ne devraient pas excéder deux périodes académiques (ou leur équivalent dans une institution de formation) à n’importe quel moment de l’année de manière à permettre au personnel enseignant de se consacrer à la recherche, la formation, aux services et aux activités d’assistance technique.

    5. L’ouverture est un élément clé :
Un élément clé qui favorise l’excellence dans l’enseignement et la formation en administration publique consiste en l’engagement absolu du personnel enseignant et administratif envers la diversité d’idées et de participation. Les personnes qui participant aux programmes de formation, qu’il s’agisse d’étudiants, de stagiaires, de formateurs, d’administrateurs ou du personnel enseignant, doivent être originaires de communautés démographiques, ethniques et raciales différentes. Les idées, concepts, théories et pratiques abordés par le programme de formation doivent témoigner d’une grande variété d’intérêts et approches intellectuelles. La mixité des programmes de formation en terme d’individus (tenant compte de l’ethnicité, la nationalité, la race, le genre et l’accessibilité à tous), permet également de promouvoir la mixité en terme d’idées. Ces deux formes de mixité, intellectuelle et participative, sont la garantie de programmes de qualité.

    6. Un cursus bien ciblé et à l’écoute de ses partenaires :
Un des principaux enjeux de l’enseignement et de la formation en administration publique est de former des administrateurs publics qui apporteront de solides et positives contributions au service public dans son ensemble et aux organisations qu’ils intègrent ou réintègrent en particulier. Les programmes d’enseignement et de formation en administration publique doivent par conséquent avoir des missions cohérentes qui orientent le développement organisationnel et du cursus. Il est en outre important que les personnes en charge de la formation des administrateurs publics communiquent et travaillent avec les organisations qui accueilleront les étudiants et stagiaires formés par leurs soins et restent, si nécessaire, à leur écoute. Cela implique également que l’étudiant et / ou stagiaire sera appelé à faire la différence et que sa formation doit le préparer à communiquer efficacement (tant verbalement que par écrit) avec les personnes avec lesquelles il travaille.

    7. Des ressources adéquates :
Une condition préalable à la création d’un programme de qualité pour l’enseignement et la formation en administration publique est la disponibilité des ressources appropriées. Différents types de ressources sont nécessaires: équipements, technologie, bibliothèques, services aux étudiants (assistance pour des besoins de base comme le logement, les soins de santé, etc.). La disponibilité de ces ressources dépend bien sûr de la disponibilité des ressources financières adéquates. Les ressources financières doivent permettre d’assurer l’engagement de personnel enseignant et /ou de formateurs à temps plein, l’assistance nécessaire aux étudiants et au personnel enseignant (comme le financement de leur participation aux conférences internationales, etc.) et la mise à disposition de salles de cours correctes, d’espaces de recherche, de formation et de réunion ainsi que de bureaux individuels pour chaque membre du personnel enseignant et, si nécessaire, les étudiants.

    8. Allier collaboration et esprit de compétition :
Dernier élément, et non des moindres : le personnel enseignant, les formateurs, administrateurs, étudiants ou stagiaires doivent partager un objectif commun, une mission commune, résultat direct de l’engagement du programme de formation envers la défense de l’intérêt public. A cela s’ajoute la détermination, voire un esprit de compétition, qui pousse le programme à être le meilleur et crée le désir de respecter, même de surpasser, les normes d’excellence les plus strictes.

    Pour évaluer l’application de ces normes d’excellence, il convient de disposer de critères adéquats qui permettent de mesurer l’évolution des programmes de formation. Les critères d’évaluation proposés ci-dessous sont inspirés par l’ouvrage de Wooldridge et consorts, Excellence and Leadership in the Public Sector, et par les normes utilisées par des associations comme NASPAA4, EAPAA5 ENQA6 et EFMD/EPAS7 ainsi que par diverses discussions qui se sont tenues tant au sein de la Cellule qu’avec d’autres collègues lors de différentes réunions ouvertes organisées par la Cellule dans le cadre de conférences internationales.




_______________ 
(*)Notez que :
 
● Dans les pages suivantes, le terme “programme” est un terme générique qui désigne toutes sortes d’enseignement et de formation. Il peut tant designer une formation diplômante de 2 ans qu’un séminaire de formation d’un jour.
● Plus le titre auquel donne droit le programme est officiel (par exemple un master), plus certaines normes et critères devront être définis avec précision. Dans certains cas, des normes complémentaires pourront même s’appliquer (comme dans le cas d’un master où la durée et le nombre de matières à étudier doivent être fixés). Parce que les normes décrites dans ces pages concernent l’ensemble des activités d’enseignement et de formation, des critères précis ont parfois dû être définis pour certains types d’enseignement et de formation.
● Nous insisterons à multiples reprises sur l’importance de l’engagement de tous les acteurs concernés pour définir, interpréter et détailler ces normes.
Principales catégories de critères de mesure des normes d’excellence
    Les critères de mesure des normes d’excellence sont répartis en plusieurs catégories. Cette classification peut être discutée et ne ferme pas la porte à d’autres regroupements tout aussi défendables. Après examen de divers ensembles de critères et / ou normes d’évaluation et d’accréditation utilisés au niveau international, il a cependant été décidé de répartir les critères de mesure en deux groupes : le premier inclut les critères en rapport avec la nature et les caractéristiques organisationnelles de l’institution de formation, le second rassemble les critères en rapport avec le programme en place tel qu’il est délivré par l’institution.


Nous distinguons donc:


Qui peuvent à leur tour est subdivisés en 4 catégories:


A. Critères institutionnels de mesure de l’excellence de l’organisation des programmes de formation
L’ensemble de ces critères s’applique au niveau institutionnel et peut être considéré comme un ensemble de conditions préalables pour être en mesure de proposer des programmes de formation d’excellente qualité.

  1. Processus de planification stratégique: le programme doit systématiquement développer une stratégie et la mettre à jour en fonction des objectifs qu’il se choisit ou qui lui sont fixés. La stratégie doit porter sur les activités du programme de formation en matière d’enseignement, de formation, de recherche et de servicespublics. Elle doit permettre de définir une mission propre au programme de formation.

  2. Structure financière et budgétaire: il faut une structure financière et budgétaire   transparente et efficace qui permet aux responsables du programme de formation d’exercer un contrôle budgétaire précis.

  3. Un système d’assurance qualité: le programme doit disposer d’un système (stratégique, politique et procédural) fiable et adéquat (continu, circulaire et complet) d’assurance qualité qui garantit l’implication des acteurs concernés. Les résultats de ce système doivent être rendus publics.

  4. Système de gestion des ressources humaines (GRH): le programme de formation doit disposer d’un système GRH adéquat en matière de rémunération, développement personnel (tout particulièrement le développement des compétences pédagogiques et de l’expérience internationale) et engagement. Le personnel enseignant et administratif doit en outre refléter de la mixité de la population du pays. 

  5. Contribution à la discipline: conformément à la mission du programme ou de l’institution, le personnel enseignant reçoit le soutien et la stimulation nécessaire  pour générer et diffuser de nouvelles connaissances dans le domaine de l’administration publique et les matières qui s’y rapportent. 

  6. Diversité sociale et culturelle: la politique du personnel et la pratique doivent refléter et promouvoir la diversité sociale et culturelle. 

  7. Infrastructure: il faut une infrastructure adéquate : bibliothèques, personnel de soutien, salles de cours et équipement pédagogique, systèmes ICT et bureaux pour le corps enseignant ainsi que (si nécessaire) une infrastructure résidentielle. L’ensemble de l’infrastructure doit être accessible aux personnes à mobilité réduite. 

  8. Services aux étudiants: l’institution doit pouvoir proposer des services de qualité aux étudiants au moins en matière d’orientation, de suivi individuel et d’aide à l’emploi.

  9. Relations publiques: les programmes de formation doivent disposer d’un service de relations publiques qui fournit des informations adéquates, précises et objectives sur leurs missions, objectifs et structure, sur les formations de spécialisation proposées et leur prix, sur les distinctions possibles et sur leur performance générale.

  10. Plaintes: l’institution doit disposer d’un service adéquat (objectif et accessible) de traitement des plaintes.

  11. Modèle exemplaire: le programme de formation doit être géré comme une organisation publique exemplaire.

  12. Système de références (benchmarking): le programme doit régulièrement comparer son fonctionnement à celui d’autres organisations hautement performantes.

B. Critères de mesure de l’excellence des programmes
Ce deuxième groupe de critères s’applique aux aspects pratiques des programmes de formation. Il est subdivisé en 4 groupes : les critères qui portent sur le développement des programmes, leur gestion, leur contenu et leur performance.

B1 Développement et révision du programme de formation

  1. Processus de développement et révision du programme de formation : il faut un méthode adéquate tant pour développer que mettre à jour le programme de formation – une méthode qui implique tous les acteurs concernés.

  2. Orientations et objectifs du programme de formation : le développement et la mise à jour du programme doivent se traduire par une série d’orientations et objectifs clairs et réalistes qui identifient notamment le(s) groupe(s) cible(s) et le niveau d’activité du programme ; les objectifs devraient idéalement être formulés sous la forme de compétences ou acquis d’apprentissage (connaissances, capacités et aptitudes) à acquérir. Ces orientations et objectifs peuvent se traduire en terme de mission du programme de formation.

  3. Stratégie pédagogique : Selon les orientations, objectifs, niveaux et groupe(s)  cibles(s) du programme de formation, il convient de concevoir une stratégie pédagogique adaptée. Il faut notamment veiller à l’équilibre entre théorie et pratique et privilégier l’utilisation de différentes méthodes d’apprentissage. Les méthodes d’apprentissage utilisées doivent autant que possible se baser sur les faits. Il convient en outre d’accorder une attention particulière aux équipements d’e-learning lorsqu’ils sont présents.

  4. Conception du programme de formation : les orientations, objectifs et stratégie pédagogique doivent être traduits dans un concept qui tient compte des composantes, du calendrier, des missions et des évaluations du programme de formation.

  5. Uniformité et cohérence du programme de formation : le programme de formation se doit d’être cohérent et uniforme et l’étudiant doit être en mesure d’atteindre le niveau d’exigences fixé dans le délai prévu. La relation entre les objectifs, compétences et / ou acquis d’apprentissage et les composantes, missions et évaluations du programme de formation doit être claire.

  6. Le personnel enseignant : le noyau central du personnel enseignant doit se  composer de membres issus des milieux académiques et professionnels. L’enseignement proposé par les programmes de formation diplômants doit pouvoir, dans la plupart des cas, déboucher sur un diplôme final et participer activement aux activités de recherche, de service et, si nécessaire, de consultance. Le corps enseignant des programmes académiques et / ou de formation doit idéalement inclure des praticiens correctement préparés à cette tâche.

  7. Quota de personnel enseignant et administratif spécialisé : le nombre d’enseignants appelé à assurer l’enseignement des matières clés du programme doit être d’au moins quatre temps plein, ou davantage selon la mission, la taille et la polyvalence du programme de formation.

  8. Activités de recherche : le personnel enseignant responsable des matières centrales de tout programme de formation diplômant doit consacrer une part importante de son temps à la recherche et au service à la communauté.

  9. Admission au programme : l’accès au programme de formation doit se baser sur une procédure d’admission adéquate, transparente et objective et les critères d’admission doivent être rendus publics.

B2 Contenu du programme de formation

  1. Cohérence et uniformité du programme : le contenu d’un programme de formation dépendra en toute logique des orientations, objectifs et de la stratégie pédagogique du programme.

  2. Niveau du programme : le contenu du programme de formation doit être adapté au niveau du / des groupe(s) cible(s).

  3. Exigences formelles du programme de formation : le contenu du programme doit se plier aux exigences préalablement définies par les conditions d’obtention d’un certificat ou diplôme.

  4. Base du programme de formation : le contenu du programme de formation doit, selon son niveau, refléter les concepts et points de vue, théories et méthodes les plus récents à l’échelle internationale. Les méthodes / procédures / politiques enseignées doivent autant que possible se baser sur les faits.

  5. Multidisciplinarité : le contenu du programme de formation doit refléter la multidisciplinarité du domaine de l’administration publique.

  6. Expérience pratique : Les programmes de formation diplômants doivent être structurés de telle façon qu’au terme de la formation, tous les diplômés aient pu bénéficier d’une expérience pratique dans le secteur public ou non lucratif.

  7. Consultation de la communauté : Les besoins des organisations auxquelles les individus formés sont destinés sont d’une importance cruciale au moment de développer des programmes de formation, diplômants ou non. L’institution de formation se doit dès lors de consulter, et dialoguer avec, ces organisations.

  8. Composantes du cursus : le cursus du programme de formation doit améliorer les compétences, valeurs, connaissances et aptitudes des étudiants pour leur permettre d’agir avec éthique, objectivité, efficacité et pertinence. Selon la mission du programme de formation, les composantes du cursus incluront :
  9. La gestion des organisations du secteur public :
    • Gestion des ressources humaines
    • Procédures budgétaires et financières
    • Gestion de l’information, application de nouvelles technologies et politique
    • Droit administratif et constitutionnel
    • Développement d’aptitudes pour une communication efficace
    • Concepts et comportement organisationnels et managériaux
    • Relations entre secteur privé et non lucratif et gestion des subsides

    L’amélioration des mécanismes fonctionnels du secteur public :
    • Développement d’organisations hautement performantes
    • Gestion de réseaux et partenariats -La fourniture des services et biens publics -La gestion de projets et contrats
    • Soutenir la diversité de la force de travail
    • Motivation et conception d’organisations du secteur public

    La classe dirigeante du secteur public :
    • Méthodes créatives et innovantes pour résoudre les problèmes
    • Mener la transformation institutionnelle et organisationnelle
    • Stratégie de prévention et résolution des conflits
    • Promouvoir l’équité dans la fourniture des services
    • Développer des approches de lutte contre la pauvreté
    • Promouvoir le développement institutionnel démocratique
    • Ethique du secteur public

    L’application de techniques d’analyse quantitatives ou qualitatives :
    • Economie institutionnelle et économie du développement
    • formulation, analyse, implémentation et évaluation des politiques et programmes
    • Mécanismes décisionnels et résoudre les problèmes
    • Planification stratégique

    La compréhension des politiques publiques et l’environnement organisationnel :
    • Institutions politiques et légales et leurs mécanismes
    • Institutions économiques et sociales et leurs mécanismes
    • Contexte historique et culturel
    • La gestion du développement économique
    • Le rôle des minorités politiques
    • Reconnaître et admettre la diversité culturelle

    Ces matières ne doivent pas nécessairement être l’objet de cours spécifiques. Chacune d’entre elles ne doit pas non plus impérativement bénéficier du même nombre d’heures d’enseignement ou être intégrée aux programmes de formation aux affaires publiques, aux politiques publiques ou au secteur public. Elles ne doivent pas non plus être interprétées de façon à nuire au développement d’atouts spécifiques ou de domaines de spécialisation souhaité par les programmes de formation. 

  10. D’autres critères sont également pertinents pour évaluer la qualité des programmes de formation. Ils portent notamment sur les aspects plus généraux du     programme de formation et renforcent davantage les orientations globales qui président au bien-être de toute société. Le contenu des programmes de formation qui préparent les individus au secteur public ou qui cherchent à améliorer leurs aptitudes devrait inclure les éléments suivants :

  11. Ethique du secteur public : Tous les programmes d’enseignement et de formation conçus pour le secteur public doivent contribuer à former des individus qui partagent une éthique commune du service public et qui reconnaissent et comprennent l’importance d’un service public efficace qui prône
    • Les valeurs démocratiques
    • Le respect des droits individuels et humains fondamentaux
    • L’équité sociale et la distribution équitable des biens et services
    • La diversité sociale et culturelle
    • La transparence et la responsabilisation
    • Le développement durable
    • La justice et l’objectivité organisationnelle
    • La reconnaissance de l’interdépendance globale
    • L’engagement civique

    Les aptitudes : Les programmes d’enseignement et de formation qui préparent les individus pour le secteur public doivent permettre aux participants (selon les orientations et le niveau du programme) de renforcer leurs aptitudes personnelles dans les domaines suivants :
    • Réflexion analytique et critique
    • Gérer la complexité
    • Flexibilité
    • Gérer l’incertitude et l’ambiguïté
    • Opérer dans un environnement politique
    • Construire des organisations hautement performantes
    • Impliquer d’autres groupes et institutions de la société pour atteindre les objectifs de certaines politiques
    • Apprentissage continu
    • Appliquer les expériences de terrain aux activités académiques et de formation

    La nature du secteur public : Les programmes d’enseignement et de formation qui préparent les individus pour le secteur public doivent (selon les orientations et le niveau du programme) aborder les matière suivantes :

    • L’internationalisation et la globalisation
    • L’équilibre entre la centralisation et la décentralisation
    • L’impact des organisations et des accords multinationaux
    • L’affaiblissement de l’Etat (l’impact des restrictions et de la nouvelle gestion publique)
    • Les nouveaux modes de communication et leur impact
    • La gouvernance collaborative
B3 Gestion et administration des programmes de formation
Le troisième groupe de critères de mesure des normes d’excellence porte sur la gestion des programmes de formation :

  1. Responsabilité : il faut une structure qui indique clairement à qui incombe la responsabilité du programme.

  2. Budget : le budget (en terme de finances, de personnel et d’équipements) doit pouvoir permettre d’atteindre les orientations et objectifs du programme.

  3. Administration : une administration appropriée est nécessaire.

  4. Progrès des participants : les progrès réalisés par les étudiants doivent pouvoirêtre enregistrés de façon appropriée et accessibles individuellement.

  5. Evaluation : la performance des étudiants doit pouvoir être mesurée comme il convient, de préférence en terme de seuil de compétences à atteindre. L’évaluation doit s’opérer sur base de critères, règlements et procédures transparents appliqués de façon cohérente et les étudiants doivent avoir accès aux procédures qui concernent toutes les matières en rapport avec leur performance.

  6. Information : les étudiants doivent pouvoir bénéficier en temps voulu d’informations récentes sur le programme.

  7. Evaluation du personnel: le personnel enseignant et administratif doit être réévalué régulièrement et leur performance mesurée.

  8. Communication : il faut un système approprié de communication entre toutes lespersonnes concernées (étudiants, enseignants et personnel administratif).

  9. Cohérence du cursus : la cohérence du cursus doit être préservée quel que soit la polyvalence des matières enseignées.

  10. Evaluation et révision du programme : il faut un système approprié (continu, circulaire et complet) d’évaluation (du programme et des cours) et de révision du programme de formation qui intègre tous les acteurs concernés. Ce système doit être compatible avec le système d’assurance qualité général de l’institution.

B4 Performance du programme de formation

  1. Système de mesure de la performance : il faut un système efficace de mesure de la performance du programme. Il doit être défini en fonction des objectifs du programme et inclure, dans la mesure du possible, un système de références à d’autres programmes.

  2. Satisfaction : la satisfaction des acteurs concernés (étudiants, diplômés et employeurs) par rapport au programme doit être régulièrement mesurée.

  3. Données opérationnelles de base : les informations sur des données pertinentes    (selon le type de formation ou d’enseignement) telles que le nombre de participants, les groupes cibles concernés, les abandons et le temps moyen d’étude, doivent être facilement accessibles.

  4. Objectifs ciblés : si le programme cherche à atteindre des objectifs précis, sa performance doit être mesurée sur base de ceux-ci. Ces objectifs peuvent être fixés par l’institution elle-même ou par des institutions externes concernées par le programme.

  5. Système de références (benchmarking) : la performance du programme doit pouvoir être comparée à celle d’autres programmes du même type lorsque c’est possible.

  6. Impact sur la communauté : selon la mission du programme, il convient de mesurer et évaluer son impact sur la communauté.

  7. Performance financière : Selon les dispositions institutionnelles, les informations sur la performance financière telles que le coût par étudiant et la rentabilité des investissements (en terme de temps, efforts et financement) doivent être disponibles.

  8. Impact du programme : Il convient d’entreprendre des efforts réguliers pour obtenir l’évaluation des organisations pour lesquelles les individus sont formés. Les  informations recueillies auprès de ces organisations doivent permettre d’ajuster les méthodes d’enseignement et la formation pour améliorer l’efficacité et assurer le dynamisme du programme.
L’utilisation des normes d’excellence

    Dans les pages qui suivent sont repris tous les critères auxquels est appliqué le principe de l’échelle de Likert : chaque critère peut être évalué selon son degré de réalisation.


IMPORTANT : Il convient d’utiliser ces éléments à titre indicatif : il ne s’agit pas de règles ou d’objectifs ni de mesures précises d’un critère. D’autres éléments peuvent intervenir pour mesurer le degré de réalisation des normes d’excellence.
    

    Le tableau qui suit peut être utilisé pour évaluer vous-même votre institut et programme ou servir de point de départ à des initiatives d’amélioration de la qualité. Nous vous invitons à considérer les éléments suivants :


En collaboration avec les acteurs concernés, répondez aux questions suivantes :

  1. Sur base de votre mission, quels critères ne s’appliquent pas à votre institution et pourquoi ?

  2. Si vous ne disposez pas des ressources nécessaires pour mener une étude de qualité complète, sélectionnez les critères les plus importants pour vous et les acteurs concernés.

  3. Sur base de votre mission, quel niveau minimal devriez-vous atteindre pour chaque critère ?

  4. Sur base de votre mission, quels autres critères d’évaluation devriez-vous prendre en compte?

        Répondez aux questions suivantes :

  5. Cotez votre institution / programme sur chacun des critères (sélectionnés). Comment pouvez¬vous justifier cette cote ? Veillez à pouvoir justifier votre cote par des faits objectifs.

  6. Quels sont les critères pour lesquels votre niveau de performance est inférieur à l’objectif que vous vous êtes fixé ? Identifiez les causes possibles de cette contre-performance ?

  7. Quelles mesures pourriez-vous prendre pour améliorer votre performance pour chaque critère ? 

  8.     En consultant les acteurs concernés :

  9. Décidez des actions à entreprendre et établissez un planning.

  10. Appliquez les actions prévues.

  11. Evaluez régulièrement les résultats de vos actions et, si nécessaire, planifiez d’autres actions.
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John-Mary Kauzya, Dr.
Chief, Public Administration and Capacity Branch
Division for Public Administration and Development Management
United Nations Department of Economic and Social Affairs
Room DC2-1742
New York, N.Y. 10017
Phone: (212) 963-1973
Fax: (212) 963-2916
Email: kauzya@un.org

ou

Almaz Atnafu WOLDEKIDANE, Ms.
Senior Governance and Public Administration Officer
Division for Public Administration and Development Management
Department of Economic and Social Affairs
Room DC2-1740
New York, N.Y. 10017
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Fax: +1-212-963-2916
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